My Belgian Dream *
Installation à l’Hôtel Flandrien
J’ai posé mes valises.
Pas dans un hôtel ordinaire, mais dans un lieu où le cyclisme respire à chaque étage.
Ici, à l’Hôtel Flandrien, les murs racontent des histoires avant même que l’on parle.
Des vélos, des images, des générations entières suspendues dans les couloirs.
Le matin, je déjeune face au portrait de Marianne Vos.
Elle est là, silencieuse, presque familière. Comme un rappel permanent de ce que ce sport exige — et de ce qu’il peut offrir.
Tout n’est pas encore parfaitement en place.
Il reste des travaux à faire, des détails à finir. La caravane est rangée, les tentes sont repliées. Mais la direction, elle, est prise.
Si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas un hasard.
Cette aventure a commencé bien avant que je ne pose ces dernières valises.
L’été dernier, je suis repartie avec quelque chose en plus.
Rien de clairement formulé, rien de décidé.
Juste une évidence qui s’est installée, doucement.
Ce lieu n’était plus un simple passage.
Il appelait une suite.
L’idée de revenir s’est imposée sans urgence, sans plan arrêté.
Pas pour quelques jours, mais pour s’y engager vraiment.
Cette évidence n’était pas légère.
Elle impliquait de lâcher des repères solides, d’accepter l’incertitude, de mettre la sécurité entre parenthèses. Prendre un congé sans solde.
Ralentir ailleurs pour accélérer ici.
Si ce chemin a pu s’ouvrir, c’est parce que Jamie Anderson en a posé les fondations.
Manager de l’Hôtel Flandrien, créateur du Scholarship Program, il pense le cyclisme comme un projet global.
Un projet où l’athlète est considéré dans son originalité, dans sa durée, dans ses besoins. Il ne s’agit pas seulement d’offrir un toit ou des routes d’entraînement, mais un cadre pour se construire.
Sa vision est moderne, intelligente, profondément humaine.
Un regard juste et rare.
Alors aujourd’hui, j’y suis.
Pour sept mois.
Ce n’est pas un stage. Ce n’est pas non plus une parenthèse.
C’est une tranche de vie, assumée, choisie, presque radicale.
Sept mois pour vivre au cœur du peloton féminin, coureuse pour O’SHEA Red Chilli Bikes, et voir jusqu’où ce rêve peut m’emmener.
Très vite, ce choix s’ancre dans le réel.
Dans le quotidien.
Dans le terrain.
Les pistes cyclables belges sont parfois étroites, souvent rugueuses.
Mais surtout, elles offrent un sentiment de sécurité qui change tout.
Moins de tension, moins de vigilance permanente.
Ici, je peux me concentrer pleinement sur le travail, sur le geste, sur l’effort.
J’ai vite cessé de vouloir zigzaguer entre les petits cailloux.
J’ai monté des pneus Rubino.
Et, presque naturellement, j’ai déjà fait le tour des bergs et des secteurs pavés aux alentours. Les pavés secouent. Les bergs rappellent à l’ordre.
Ce n’est pas hostile, c’est formateur.
Un rite d’entrée silencieux, mais profondément délicieux.
Pour l’instant, à l’hôtel, le calme règne.
J’installe mes routines : entraînement, nutrition, sommeil.
Des repères simples, solides, vitaux.
Je me retrouve face à moi-même.
Plus que je ne l’imaginais.
Il y a du calme.
Parfois doux. Parfois plus rugueux.
Et surtout, beaucoup de gratitude.
La gratitude d’être là.
D’avoir osé.
D’avoir dit oui à cette aventure.
Le peloton, lui, n’est pas encore là.
Mais je sais qu’il arrive. Hageland dans un mois.
Et quand il arrivera, il faudra être prête — pas seulement physiquement, mais intérieurement.
Pour l’instant, je m’ancre.
Je regarde. J’écoute.
Je m’installe.
Cindy POMARES
flandrienhotel.com – A home away from home for cyclists





